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Nos Documents
Contexte
Contexte
Lorsque les Européens arrivent en Amérique au 16e siècle, le continent nord-américain est habité depuis des milliers d’années par de nombreuses tribus autochtones. D’abord épisodiques, les contacts s’intensifieront et mèneront à des alliances, mais aussi à des conflits entre les Autochtones et les Européens. C’est dans ces conditions que le projet de colonie française verra le jour.
Le rêve de Champlain
Voici un extrait du livre Le rêve de Champlain qui relate la rencontre entre les Français Pont-Gravé et Champlain et Anadabijou, chef des Innus.
« Le 26 mai 1603, ils atteignirent l’embouchure du Saguenay et jetèrent l’ancre dans le havre étroit de Tadoussac. La traversée avait pris dix semaines et avait été ponctuée de nombreux moments difficiles. [...] Pont-Gravé et Champlain [...] furent conduits à un chef qu’ils appelèrent Anadabijou. [...] Ce moment fut un événement de la plus haute importance dans l’histoire de l’Amérique du Nord. Cette rencontre n’avait absolument rien d’organisé, mais de chaque côté, les chefs avaient tout de suite entrevu les promesses qu’elle renfermait. La Grande Tabagie [mot qui veut dire festin selon Champlain] marqua le début d’une alliance entre les fondateurs de la Nouvelle-France et trois nations [autochtones]. L’adhésion de chacun était libre, et chacun y trouva son profit. »
Selon toi, cette alliance est-elle déterminante dans l’établissement du projet de colonie française en Amérique?
Document 1L’alliance franco-amérindienne de 1603
L’alliance franco-amérindienne de 1603
« Au printemps 1603, la région de Tadoussac accueille une grande rencontre diplomatique, à laquelle participent trois nations autochtones (Montagnais, Algonquins et Etchemins) et les Français [représentés par Samuel de Champlain]. Cette rencontre, qui marque une étape cruciale dans la constitution du premier réseau d’alliance franco-amérindien, ouvre aussi la voie à la fondation d’une colonie française dans la vallée du Saint-Laurent, car en échange de leur promesse d’assister militairement leurs alliés les Français obtiennent alors l’autorisation de s’installer dans la région. »
John Henry de Rinzy, Champlain en canot indien, 1603 (1897-1930), Bibliothèque et Archives Canada, C-013320, MIKAN 2895971. Licence : image du domaine public.
Alain Beaulieu, «La naissance de l’alliance franco-amérindienne», dans Raymonde Litalien et Denis Vaugeois (dir.), Champlain. La naissance de l’Amérique française, Sillery, Septentrion, 2004, p. 153.
Document 2Se déplacer en Amérique
Se déplacer en Amérique
« [...] il y avait alors très longtemps que l’[Autochtone] avait fini d’arpenter son propre territoire avec ses jambes. Il n’y a pas une parcelle de ce territoire qu’il n’avait pas vue et sur laquelle il n’avait mis le pied. [...]
Et sur toute l’étendue de son territoire, il avait dit comment on appellerait, dans sa langue, chaque rivière et chaque ruisseau. Quand il partait en canot [...] il connaissait le nom indien [autochtone] de chacun des portages* sur sa route. »
*Portage : action de porter son bateau entre deux cours d’eau.
Cornelius Krieghoff, Indiens en canot (vers 1856), Bibliothèque et Archives Canada, C-013455, MIKAN 2895762. Licence : image du domaine public.
Denys Delâge, Le pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est (1600-1664), Montréal, Boréal, 1991, p. 47.
Le peuplement de l’Amérique du Nord et les explorations européennes
Nadia Dufour, enseignante dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous présente ce qu'il faut retenir de la période des origines à 1608 en ce qui concerne le peuplement de l’Amérique du Nord et les explorations européennes.
RÉCIT univers social
Document 3Les articles autochtones
Les articles autochtones
« L’article le plus connu de la culture indigène est sans aucun doute le canot d’écorce, léger de faible tirant d’eau et facile à réparer. C’est l’embarcation qui a permis aux Européens d’aller si vite dans l’exploration de la moitié nord du continent : elle est facile à porter en terrain accidenté, et à manoeuvrer dans les rapides imprévus. Malgré les variantes mineures de conception, d’une tribu à l’autre, le canot autochtone traditionnel peut transporter deux adultes, un ou deux enfants et une charge maximale de quelque 130 kilos.
L’hiver, raquettes, traîneaux à chiens et toboggans sont tous nécessaires pour se déplacer en cas de neige épaisse. »
John Henri Walker, Artefacts autochtones (1850-1885), Musée McCord, M930.50.5.467.1-4. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).
Craig Brown (dir.), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p. 40.
Document 4Tadoussac
Tadoussac
« [...] Tadoussac reste encore, au début du 17e siècle, la plaque tournante de ce commerce [fourrures] dans la vallée du Saint-Laurent. Chaque année, des dizaines de navires s’y présentent pour acheter les pelleteries des Autochtones. Les Innus, dont le réseau commercial s’étend loin à l’intérieur des terres, disposent alors d’une avantageuse position d’intermédiaires commerciaux, récoltant les peaux des nations éloignées, auxquelles ils donnent en échange une partie des précieuses marchandises achetées des Européens.»
Voici une reconstitution d’un poste de traite de fourrures qui fait référence à celui qu’a construit Pierre de Chauvin de Tonnetuit vers 1600.
Poste de traite Chauvin à Tadoussac (photo de TCY), Wikimedia commons. Licence Creative Commons (BY-SA).
Alain Beaulieu, «L’on n’a point d’ennemis plus grands que ces sauvages.» L’alliance franco-innue revisitée (1603-1653)», Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 61, no 3-4, 2008, p. 369-370.
Document 5Le scorbut
Le scorbut
De 1534 à 1603, les Français ont tenté à quelques reprises de s’installer et d’hiverner dans le but éventuellement de fonder une colonie en Amérique. Ces tentatives furent des échecs. Les hivers sont rudes et certains colons tombent malades du scorbut, une maladie due à un manque de vitamine C qui peut entraîner la mort. Cartier décrit les effets de la maladie :
« Plusieurs de nos gens tombèrent malades d’une certaine maladie dans les jambes, les reins et l’estomac, de telle sorte qu’ils nous paraissaient avoir perdu l’usage de tous leurs membres, et il en mourut près de cinquante. »
Grâce à la connaissance des plantes médicinales des Autochtones certains Européens pourront guérir du scorbut.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).
Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 et 1542 de Jacques Cartier cité par Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, tome I : Des origines à 1691, Sillery, Septentrion, 1995, p. 30.
Document 6Rivalités entre Autochtones
Rivalités entre Autochtones
« Les Innus, associés aux Algonquins, associés aux Hurons sont en guerre contre les Iroquois et souhaitent l’appui des Français. Le rapport entre les uns et les autres s’est fondé davantage sur le mode d’une alliance à des fins commerciales et militaires que sur celui d’une conquête. Ils font des expéditions ensemble, les colons apprennent à faire une guerre de guérilla et d’embuscade, comme le faisaient les Autochtones. On dit à l’époque qu’un guerrier [autochtone] vaut deux soldats canadiens, et qu’un soldat canadien qui a appris des [Premières Nations], deux soldats français entraînés à faire la guerre sur des grands champs de bataille. »
Samuel de Champlain, Défaite des Iroquois au Lac de Champlain, 1609, Bibliothèque et Archives Canada, C-005750, MIKAN 2928537. Licence : image du domaine public.
Jean-Claude Ravet, « Des influences refoulées, entrevue avec Denys Delâge », Relations, no 698, février 2005, en ligne.
Les Iroquoiens du Saint-Laurent
Contexte
Plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, des Autochtones en provenance d’Asie s’installent sur ce territoire. Leur nombre est difficile à déterminer : quelques dizaines de milliers d’individus habitent sur le territoire actuel du Québec. Ils se divisent en deux grandes familles linguistiques dont les modes de vie diffèrent sensiblement : les Iroquoiens et les Algonquiens.
Les Iroquoiens du Saint-Laurent
En 1535, lors de son deuxième voyage au Canada, Jacques Cartier fait la rencontre de plusieurs centaines d’autochtones au village d’Hochelaga, sur le site actuel de Montréal. Sédentaires, ces Iroquoiens du Saint-Laurent pratiquent l’agriculture aux abords du mont Royal. Lorsque Samuel de Champlain revient sur le site d’Hochelaga, plusieurs décennies plus tard, il n’y trouve plus âme qui vive.
Question : À ton avis, pour quelle(s) raison(s) les Iroquoiens du Saint-Laurent ont-ils disparu?
Andrew Morris, Première rencontre de Cartier avec les Amérindiens à Hochelaga (1850), Bibliothèque et Archives Canada, C-042247, MIKAN 2897251. Licence : image du domaine public.
Contexte
Contexte
Plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, des Autochtones en provenance d’Asie s’installent sur ce territoire. Leur nombre est difficile à déterminer : quelques dizaines de milliers d’individus habitent sur le territoire actuel du Québec. Ils se divisent en deux grandes familles linguistiques dont les modes de vie diffèrent sensiblement : les Iroquoiens et les Algonquiens.
La halte dans la forêt
Cette sculpture de Louis-Philippe Hébert occupe une place d’honneur sur l’hôtel du Parlement de Québec. Elle est bien au centre, juste devant la porte d’entrée principale. Selon toi, que représente cette œuvre d’art? Et pourquoi l’architecte du Parlement a-t-il commandé cette sculpture et lui a-t-il réservé un emplacement aussi central?
Louis-Philippe Hébert, La halte dans la forêt (1890), photo de Christian Lemire (2006), Ministère de la Culture et des Communications. Licence : utilisation permise dans un contexte éducatif et non commercial.
Document 1
Chez les tribus algonquiennes qui ne se livrent pas à l’agriculture, les femmes prennent en charge la préparation de la nourriture et des vêtements, l’éducation des jeunes enfants, la cueillette et le ramassage du bois de chauffage alors que les hommes chassent, pêchent et coupent les arbres nécessaires à la construction des tentes. Ce sont également eux qui commercent et font la guerre.
Les Algonquiens sont patrilinéaires, c'est-à-dire que c'est le père qui établit le lien de parenté. Lorsqu'un couple se marie, la femme se joint à la famille de l'homme et va vivre avec lui.
Algonquin, algonquine (vers 1750), Archives de Montréal, CA M001 BM007-2-D27-P004. Licence : Creative commons (BY-NC-SA).
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 2
Le mode de vie des Algonquiens diffère de celui des Iroquoiens. Les Algonquiens sont nomades, c’est-à-dire qu’ils se déplacent au rythme des saisons, tandis que les Iroquoiens sont sédentaires.
Le wigwam est très pratique pour des nomades comme les Algonquiens parce qu'il est facile à monter, à démonter et à transporter. Lorsqu'une bande a choisi l'emplacement de son campement, les femmes sont capables de monter le wigwam en une heure environ. Lorsque la tribu change d'endroit, ses membres emportent seulement les peaux et l'écorce qui sont assez légères. Ils trouveront d'autres perches au prochain endroit où le camp sera établi.
Frederick Arthur Verner, Tipis (1890), Bibliothèque et Archives du Canada, C-094103, MIKAN 2897993. Licence : image du domaine public.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 3
Chez les Algonquiens, chaque nation est gouvernée par un chef et un conseil. Le chef est choisi par les membres de la nation parce qu'il possède des qualités personnelles comme la force, l'habileté, le courage, des talents de chasseur, la sagesse et la générosité. Il ne prend aucune décision seul et n’impose jamais ses opinions, mais doit convaincre tous les membres du conseil de le suivre. C'est ce qu'on appelle le consensus.
Aussi, les prises de décision nécessitent parfois de longues discussions et des débats complexes. Un bon chef doit donc avoir un grand pouvoir de persuasion et une très bonne capacité à présenter clairement les enjeux liés à une situation. Il n’hésite pas non plus à demander conseil aux aînés, qui possèdent une expérience précieuse, ainsi qu’au chaman, qui peut solliciter l’avis des esprits.
Contexte
Contexte
Les atouts et les contraintes du territoire exercent une grande influence sur les sociétés autochtones avant l’arrivée des Européens. Les ressources du territoire définissent les activités de subsistance des Premières Nations et influencent les relations entre celles-ci. À leur arrivée en Amérique du Nord, les Européens trouvent des sociétés autochtones qui ont adopté une structure sociale adaptée au territoire qu’ils occupent.
Observe la carte schématique ci-dessus.
- Quelle est l’intention de la carte? Que veut-elle nous dire?
- Quels symboles sont utilisés sur la carte?
- Pourquoi dit-on qu’il s’agit d’une carte schématique?
Document 4
Avant l’arrivée des Européens, les Autochtones n’utilisent pas l’écriture. Pour se remémorer les mythes et les événements historiques, ils doivent donc compter sur la tradition orale. Cela signifie qu’ils se transmettent ces histoires par la parole, de génération en génération.
Pour s’aider à mémoriser de longs récits, certaines nations utilisent des objets comme aide-mémoire. Par exemple, dans certaines tribus algonquiennes, on trace des pictogrammes sur des écorces de bouleau ou sur des rochers. Le plus souvent, ce sont les aînés qui jouent le rôle de conteur et qui transmettent les récits au coin du feu, pendant les longues soirées d’hiver.
Ceinture de wampum (18e ou 19e siècle), Musée McCord, M1913. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 5
Avant l’arrivée des Européens, les Autochtones commercent d’abord et avant tout pour assurer leur subsistance. Les échanges ont surtout lieu durant l’été, alors que les chemins sont plus facilement praticables et que les cours d’eau sont navigables. Les Algonquiens échangent des produits en lien avec leur mode de vie, c’est-à-dire des peaux, des fourrures, de la viande. En retour, ils obtiennent des Iroquoiens des produits agricoles comme du maïs ou des courges.
Note : Les Hurons, les Iroquois et les Iroquoiens du Saint-Laurent font partie de la famille des Iroquoiens, tandis que les Algonquins et les Innus appartiennent à la famille des Algonquiens.
Document 6
« Il arrive que certains individus développent une relation avec les esprits particulièrement forte. Même s’ils ne détiennent pas l’exclusivité dans ce domaine, ils deviennent en quelque sorte des spécialistes de l’univers religieux, dont le rôle principal est de servir d’intermédiaire entre le monde des esprits et celui des êtres humains. À leur arrivée en Amérique, les Européens ont donné différents noms à ces spécialistes : sorciers, jongleurs, hommes-médecine ou guérisseurs. À partir du 19e siècle, les chercheurs ont commencé à utiliser plutôt le terme chaman [...].
Dotés d’une vision surnaturelle, les chamans savent interpréter les signes qui témoignent du mécontentement des esprits, qu’il s’agisse d’une chasse infructueuse, de maladies ou de conditions météorologiques défavorables. »
Charles William Jefferys, Rituels chamanistiques, Bibliothèque et Archives Canada, C-069794, MIKAN 2899161. Licence : image du domaine public.
Sébastien Brodeur-Girard, Les spiritualités autochtones, Laval, Éd. Grand Duc, 2010, p. 8.
Document 1
« À moins de circonstances exceptionnelles, jamais on ne voyait les hommes participer aux travaux des femmes, ni les femmes partager ceux des hommes [dans les tribus iroquoiennes]. Les tâches exigeant des déplacements importants revenaient aux hommes, tandis que les activités plus sédentaires étaient réservées aux femmes. Plus fondamentalement, les activités polarisées symboliquement par la vie sont propres aux femmes tandis que celles qui se rattachent à la mort sont masculines. Ainsi, les femmes sèment, cultivent, cuisinent, cousent, entretiennent les maisons, font la cueillette et éduquent les enfants alors que les hommes abattent les arbres, pêchent, chassent, commercent et construisent les canots, les maisons et les fortifications, et font la guerre. »
Huronne, Huron (vers 1750), Archives de la ville de Montréal, CA M001 BM007-2-D27-P003. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).
Denys Delâge, Le pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est (1600-1664), Montréal, Boréal, 1991, p. 63.
Document 1Le mode de vie des Iroquoiens
Le mode de vie des Iroquoiens
Avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, les nations iroquoiennes occupent le territoire des Basses-Terres du Saint-Laurent et de la partie est des Grands Lacs (aux abords des lacs Huron, Érié et Ontario).
Les Iroquoiens vivent dans des maisons longues et cultivent la terre pour se nourrir. Les peuples sédentaires restent sur place durant dix, quinze ou vingt ans, tant que la terre produit suffisamment de nourriture. Lorsqu’elle s’appauvrit, il faut déménager tout le village ailleurs sur leur territoire, là où le sol sera à nouveau fertile. Le village doit aussi être près d’une source d’eau potable, et d’une forêt pour s’approvisionner en bois.
Vidéanthrop, Un village iroquoien vers 1500, ©Vidéanthrop. Licence : Illustration gratuite pour une utilisation dans un contexte éducatif seulement et avec mention de la source originale « Vidéanthrop ».
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
