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Nos Documents
Contexte
Contexte
Les premières escarmouches entre les colons français et britanniques dans la vallée de l’Ohio en 1754 marquent le début des hostilités de la guerre de la Conquête. Six ans plus tard, le marquis de Vaudreuil signe la capitulation de Montréal qui officialise la perte de la Nouvelle-France. Plusieurs événements, entre autres d’ordre politique, marquent le début de ce changement d’empire.
Document 1Une première constitution
Une première constitution
La Proclamation royale fait de la Nouvelle-France une colonie comme les autres dirigée par le Roi d’Angleterre. Cette colonie se nommera désormais : Province of Quebec. Toujours selon ce document, les lois civiles et criminelles anglaises seront appliquées.
Quelles sont les intentions de l’Angleterre? Le roi George III envoie au gouverneur James Murray, des instructions sur la manière dont il devra traiter ses nouveaux sujets français et catholiques afin de les assimiler progressivement à la population anglaise et protestante. En voici un court extrait :
« Et afin de parvenir à établir l’Église anglicane, tant en principe qu’en pratique, et que lesdits habitants puissent être graduellement induits à embrasser la religion protestante et à élever leurs enfants dans les principes de cette religion [...] »
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).
« Instructions de George III au gouverneur Murray (7 décembre 1763) », dans Adam Shortt et Arthur G, Doughty (éd.), Documents relatifs à l’histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791, vol. 1, 1re partie, Ottawa, T. Mulvey, 1921, p. 165-166.
Du régime militaire au gouvernement civil
Marc-André Mainville Larocque, enseignant dans la région de la Montérégie, vous présente ce qu'il faut retenir de la période 1760 à 1791 en ce qui concerne le passage du régime militaire au gouvernement civil après la Conquête.
RÉCIT univers social
Document 2La Révolution américaine
La Révolution américaine
L’Angleterre tente par tous les moyens de limiter l'émancipation des Treize colonies en imposant différentes lois connues sous le nom de lois intolérables. Parmi celles-ci on retrouve la taxe sur le sucre (Sugar Act) et sur les timbres (Stamp Act). Pour les habitants des Treize colonies, l’Acte de Québec fait aussi partie de ces lois intolérables puisqu’on les prive des terres de la vallée de l’Ohio.
Le 4 juillet 1776, Treize colonies rédigent la Déclaration d’indépendance. Dans une lettre, les colons anglais tentent de rallier les Canadiens à leur cause « Votre province est le seul anneau qui manque pour compléter la chaîne forte et brillante de l’union. La nature a uni votre pays aux nôtres ». Les Canadiens resteront cependant neutres dans le conflit.
Pendant le conflit, les troupes américaines occupent Montréal, mais sont battues à Québec. À l’issue de la guerre, l’Angleterre défaite, signe le traité de Paris en 1783. L’entente cède les terres de la vallée de l’Ohio aux États-Unis.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).
Congrès général de l’Amérique septentrionale (trad. de Pierre Eugène du Simitière),Lettre adressée aux habitants de la province de Québec, 26 octobre 1774.
Document 3Les lois civiles
Les lois civiles
« Constatant le peu de succès du peuplement anglais, les premiers gouverneurs, Murray (1764-1766) et Carleton (1766-1770), trouvent plus sage d’opter pour des mesures graduelles. [...]
Le conseil ainsi formé met sur pied deux cours de justice : l’une juge les causes civiles selon les lois françaises et garantit ainsi le maintien du régime seigneurial; l’autre juge les causes criminelles selon la coutume britannique. »
Guy Carleton, half-length portrait, facing left (vers 1840-90), Library of Congress, LC-USZ62-122004. Licence : image du domaine public.
Louise Charpentier, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau, Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Montréal, Éditions du Boréal Express, 1985, p. 128.
Document 4Murray et Carleton
Murray et Carleton
« Conformément aux commissions et aux instructions des gouverneurs Murray et Guy Carleton, il est également interdit de nommer des catholiques au poste de juge. Rien n'est dit sur la nomination de catholiques à d'autres postes, mais, en principe, ces derniers sont exclus de toute charge officielle.
Dans les faits cependant, les gouverneurs font appel à des Canadiens de 1764 à 1775 pour remplir certains postes de confiance dans l'administration, sans exiger d'eux le serment du test*. Il en est ainsi, entre autres, pour les grands voyers, les greffiers des tribunaux, les huissiers, les baillis élus, les membres du Grand Jury et les aides de camps du gouverneur. »
*Serment du test : « ensemble de serments de fidélité à la couronne britannique comportant des déclarations contre le pape et contre la transsubstantiation [transformation du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ pendant la communion] et ayant pour objet d'exclure les catholiques du service civil et militaire. »
James Murray (1770), Bibliothèque et Archives Canada, C-002834, MIKAN 2895908. Licence : image du domaine public.
« Serment du test », Encyclopédie du parlementarisme québécois (en ligne), Assemblée nationale du Québec, 9 septembre 2014.
Document 5La Chambre d’assemblée
La Chambre d’assemblée
« Murray refusa d’instituer l’Assemblée promise par la Proclamation de 1763. En effet, selon lui une telle Assemblée aurait servi uniquement les intérêts de la minorité anglophone puisque les Canadiens français en auraient été exclus en tant que catholiques à qui la loi anglaise continuait de refuser les pleins droits civiques. Ainsi selon le rapport d’un fonctionnaire, “une Assemblée ainsi constituée pourrait prétendre représenter la population alors qu’en fait elle ne représenterait que les 600 nouveaux colons anglais et leur permettrait d’exercer leur domination sur les 90 000 Français.” »
Document 6L’arrivée des Loyalistes
L’arrivée des Loyalistes
À la suite de la Révolution américaine, près de 100 000 Loyalistes quittent les États-Unis à la recherche d’une terre d’accueil britannique. Sur ce nombre, un peu moins de 10 000 s’établissent dans la Province of Quebec. Cette immigration diversifie la composition de la population anglaise de la colonie, jusque-là surtout composée de marchands.
Les Loyalistes qui font le choix d’immigrer dans la Province of Quebec s’installent surtout dans la région des Grands Lacs et de Montréal. Habitués aux coutumes anglaises, ils réclament et obtiennent du gouverneur que les nouvelles terres soient concédées en cantons.
ContexteLa déclaration d’indépendance
La déclaration d’indépendance
Le 4 juillet 1776, après une escalade des tensions avec l’Angleterre, les représentants du Congrès des Treize colonies décident de déclarer leur indépendance. Toutefois, la métropole n’entend pas accepter si facilement la séparation de ses colonies. Pendant plusieurs années, la guerre fait rage entre les insurgés américains et les soldats britanniques.
Selon toi, quelle position adopteront les Canadiens? Quels impacts cette révolution aura-t-elle sur la Province of Quebec?
John Trumbull, La présentation du texte final de la déclaration d’indépendance au Congrès en 1776 (1819), US Capitol, Wikimedia Commons. Licence : image du domaine public.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 7Acte de Québec
Acte de Québec
Comme le souligne cet extrait, avec l’Acte de Québec, le Roi britannique accorde des droits aux Canadiens en matière de religion, de justice et de politique. Quels sont-ils?
«[...] Il est par les présentes déclaré que les sujets de Sa Majesté professant la religion de l’Église de Rome, de et dans ladite province de Québec, peuvent jouir du libre exercice de la religion de l’Église de Rome [...] et que le clergé de la dite Église peut conserver et percevoir des dus et redevances (la dîme)»
«[...] que tous les sujets canadiens de Sa Majesté dans la province de Québec, [...] pourront conserver la possession et jouir de leurs propriétés et de leurs biens avec des coutumes et usages qui s’y rattachent et de tous leurs autres droits civils[...]»
«[...] d’établir et d’instituer un Conseil pour l’administration des affaires de la province de Québec; que ce Conseil se composera de personnes résidant dans ladite province [incluant des Canadiens français catholiques].»
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).
Extraits de l’Acte de Québec de 1774 cité dans Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, Tome 1 : Des origines à 1791, Sillery, Septentrion, 1995, p. 386-387.
Bande Dessinée
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Document 1L’invasion américaine
L’invasion américaine
En juin 1775, le Congrès des Treize colonies décide d’envahir la Province of Quebec. Sous l’influence de l’Église catholique, les Canadiens ont décliné l’invitation des Américains à se joindre à leur rébellion contre la métropole britannique. Pour les insurgés des Treize colonies, la présence d’une colonie entièrement contrôlée par les Britanniques au nord constitue une menace permanente. Aussi tentent-ils de rallier les habitants de la Province of Quebec par la force.
Ils envoient pour cela une armée de 8000 hommes, divisée en deux factions. La première, commandée par Richard Montgomery, envahit Montréal et Trois-Rivières sans avoir à combattre. Puis, ses troupes rejoignent la faction commandée par Benedict Arnold pour livrer l’assaut à Québec le 31 décembre. Cette tentative, au cours de laquelle meurt le général Montgomery, se solde par un échec. L’armée américaine tente bien d’assiéger Québec, mais au printemps, des navires britanniques viennent prêter main-forte aux Canadiens, obligeant les Américains à retraiter.
John Trumbull, La mort du général Montgomery dans l'attaque de Québec, le 31 Décembre 1775 (1786), Yale University Art Gallery. Licence : image du domaine public.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 2La migration des Autochtones
La migration des Autochtones
En signant le traité de Paris de 1783, l’Angleterre donne aux États-Unis le contrôle des territoires autochtones qui se trouvaient à l’ouest des Treize colonies. Ce faisant, elle abandonne les populations autochtones à la merci des Américains, qui les chassent de leurs terres ancestrales pour en prendre possession. Nombreux sont ceux qui fuient vers le nord. Les Autochtones qui sont restés fidèles aux Britanniques sont particulièrement pourchassés. C’est le cas des Mohawks, menés par le chef Joseph Brant (Thayendanegea), qui ont combattu avec les soldats anglais. Après la défaite, près de 2000 d’entre eux s’installent au nord du lac Érié, à Grand River, sur un vaste territoire que leur donne l’Angleterre pour les remercier.
George Romney, Portrait de Joseph Brant (1776), Wikimedia Commons. Licence : image du domaine public.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Document 3Des lois intolérables
Des lois intolérables
« [...] le 16 décembre 1773, des colons déguisés en [Autochtones] montent sur les navires et jettent le thé à la mer. Cet événement est connu sous l’appellation de Boston Tea Party. [...] À la suite de cette manifestation, l’Angleterre prend cette fois des dispositions radicales. En 1774, Londres vote les Coercitive Laws, qui sont rapidement qualifiées de lois intolérables [...]. L’Angleterre procède à la fermeture du port de Boston jusqu’au remboursement de la cargaison; elle décide unilatéralement d’augmenter les pouvoirs du gouverneur du Massachusetts et de réduire ceux de l’Assemblée législative [...]. Toutefois, c’est le vote du Quebec Act [Acte de Québec] qui semble susciter les plus vives réactions chez les colons. Cette loi élargit les frontières du territoire connu sous le nom de “Province de Québec” jusqu’à la rivière Ohio vers le sud et jusqu’au Mississippi vers l’ouest [...]. »
Assemblée nationale du Québec, « 1774 : Acte de Québec », Par ici la démocratie. Licence : utilisation permise dans un contexte éducatif et non commercial.
Yves Bourdon et Jean Lamarre, Histoire des États-Unis. Mythe et réalités, Montréal, Beauchemin, 1996, p. 45.
Document 4Lettre du Congrès américain aux habitants du Canada
Lettre du Congrès américain aux habitants du Canada
En 1774, peu après l’Acte de Québec, les membres du Congrès des Treize colonies rédigent une invitation aux habitants de la Province of Quebec. Voici un extrait de la première lettre qu’ils envoient :
« Vous n’êtes qu’un très-petit nombre en comparaison de ceux qui vous invitent à bras ouverts à vous joindre à eux; un instant de réflexion doit vous convaincre qu’il convient mieux à vos intérêts et à votre bonheur de vous procurer l’amitié constante des peuples de l’Amérique septentrionale, que de les rendre vos implacables ennemis. Les outrages que souffre la ville de Boston ont alarmé et uni ensemble toutes les colonies, depuis la Nouvelle-Écosse jusqu’à la Géorgie, votre province est le seul anneau qui manque pour compléter la chaîne forte et éclatante de leur union. Votre pays est naturellement joint au leur, joignez-vous aussi dans vos intérêts politiques; leur propre bien-être ne permettra jamais qu’ils vous abandonnent ou qu’ils vous trahissent [...] ».
Lettre adressée aux habitants de la province de Québec, ci-devant le Canada (26 octobre 1774), Philadelphie, Fleury Mesplet, 1774, Wikimedia Commons. Licence : image du domaine public.
John Dickinson, Lettre adressée aux habitants de la province de Québec, ci-devant le Canada de la part du Congrès général de l’Amérique septentrionale, tenu à Philadelphie (26 octobre 1774), Pierre Eugène de Simitière (trad.), en ligne.
Document 5L’arrivée des Loyalistes
L’arrivée des Loyalistes
En 1775, après le début des conflits armés entre les Treize colonies et l’Angleterre, des milliers de Loyalistes* fuient vers le nord. À la fin de la Révolution américaine, en 1783, près de 100 000 Loyalistes* ont quitté les États-Unis à la recherche d’une terre d’accueil britannique. Sur ce nombre, un peu moins de 10 000 s’établissent dans la Province of Quebec, ce qui modifie la composition de la population.
Les Loyalistes qui font le choix d’immigrer dans la Province of Quebec s’installent surtout dans la région des Grands Lacs et de Montréal. Habitués aux coutumes anglaises, ils réclament les lois civiles anglaises et obtiennent du gouverneur que les nouvelles terres soient concédées en cantons. Ils veulent aussi une Chambre d’assemblée composée de représentants élus par la population. Enfin, ils demandent de séparer la partie ouest de la Province of Quebec (une partie de l’Ontario actuel) pour avoir leur propre territoire.
*Loyalistes : sujets loyaux à la Couronne britannique.
Document 6L’Amérique du Nord en 1783
L’Amérique du Nord en 1783
Signé en 1783, le traité de Paris met un terme à la guerre de la Révolution américaine et reconnaît l’indépendance des États-Unis d’Amérique. Il modifie également le territoire du nouveau pays, qui s’étend désormais jusqu’au Mississipi. Quant à la Province of Quebec, elle voit son territoire considérablement réduit.
Question : Compare la carte de l’Amérique du Nord en 1783 à celle de 1774. Quels territoires la Province of Quebec a-t-elle perdus?
Assemblée nationale du Québec, « 1783 : Traité de Paris », Par ici la démocratie. Licence : utilisation permise dans un contexte éducatif et non commercial.
Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social.
Contexte
Contexte
Les premières escarmouches entre les colons français et britanniques dans la vallée de l’Ohio en 1754 marquent le début des hostilités de la guerre de la Conquête. Six ans plus tard, le marquis de Vaudreuil signe la capitulation de Montréal qui officialise la perte de la Nouvelle-France. Ces événements auront des répercussions importantes sur le destin du peuple canadien-français de la vallée du Saint-Laurent.
La bataille de Québec
Bien qu’elle n’ait duré que 17 minutes, la bataille des Plaines d’Abraham a profondément marqué la mémoire collective. Pourtant, cette bataille mythique, au cours de laquelle les généraux Wolfe et Montcalm trouvent la mort, ne représente pas l’issue de la guerre. Au printemps suivant, les troupes françaises, dirigées par le chevalier de Lévis, tentent de reprendre la ville sans succès lors de la bataille de Sainte-Foy. Puis, en septembre 1760, le marquis de Vaudreuil signe la reddition de Montréal sans avoir livré bataille.
Questions
- Qu’a-t-on retenu de cette bataille?
- À l’aide de la carte, peux-tu expliquer les mouvements des troupes anglaises et françaises pendant la bataille des plaines d’Abraham?
DocumentDes ressources convoitées
Des ressources convoitées
« [...] la concurrence est liée au commerce de la fourrure, la Nouvelle-France ayant en effet mis sur pied tout un réseau de cueillette de peaux qui fait l’envie des New-Yorkais. Les meilleures fourrures sont dirigées sur Montréal. Le dynamisme des Canadiens est grand. Ils sillonnent l’Amérique du Nord, de la Baie d’Hudson à la Nouvelle-Orléans, semant ce territoire de forts d’entreposage de fourrures. Grâce au réseau d’alliances qu’ils savent tisser avec les [Premières Nations], leurs forts sont toujours bien approvisionnés en fourrures par les [Autochtones]. Or, Albany et New York voudraient détourner à leur profit tout ce réseau si bien organisé, et faire de Montréal leur avant-poste de cueillette des peaux. »
Document 1Le serment du Test
Le serment du Test
« En 1763, le roi acceptera l’établissement de la loi du Test qui éloignera de la fonction publique tout chrétien fidèle au pape. [...]
Tous les fonctionnaires supérieurs sont tenus de prêter le serment du Test par lequel ils nient l’autorité du pape, la transsubstantiation* dans le sacrement de l’Eucharistie, le culte de la Vierge et des saints. Ainsi, se trouvent théoriquement exclus des charges officielles tous les Canadiens qui professent la religion catholique. De fait, on sait que Murray et Carleton passeront outre, de telle sorte qu’aucun Canadien ne prêtera ce serment. »
*Transsubstantiation : transformation du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ pendant la communion.
Artiste inconnu, James Murray (1770), Bibliothèque et Archives Canada, C-002834, MIKAN 2895908. Licence : image du domaine public.
Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec (1534-2000), nouvelle édition, Sillery, Septentrion, 2001, p. 80 et 164.
